Au lendemain de la Marche Climat qui a rassemblé 30.000 personnes à Bruxelles, la Belgique aurait dû faire le choix d’une ambition forte.
Un développement massif des énergies renouvelables, la sortie des subsides aux énergies fossiles, une transition juste, voilà les éléments clés à intégrer pour agir pour le climat et pour les citoyen·nes.
Le plan national énergie-climat (PNEC) était attendu de longue date. Après avoir été recalé par la Commission européenne, la Coalition Climat espérait un sursaut d’ambition climatique de la part de la Belgique. Avec un objectif de réduction de ses gaz à effet de serre de seulement 43% à l’horizon 2030, la Belgique se détourne à la fois de ses obligations européennes (-47%), ainsi que des injonctions liées à l’Affaire Climat. Ce plan ne nous met pas sur les rails.
Le renouvelable pas à la hauteur
L’objectif énergies renouvelables a encore été réduit dans la version finale du plan, en dépit du fait que la Commission nous reprochait déjà un objectif “significativement insuffisant”. Le plan vise maintenant seulement 20,4 % d’énergie renouvelable dans le mix énergétique, alors que nous devrions être à 33% pour faire notre part. “C’est un écart inacceptable, nous devons impérativement mettre les bouchées doubles sur nos capacités renouvelables. La Belgique peut être fière du développement de son parc éolien en mer. Malheureusement, le ministre de l’Energie a récemment décidé de renvoyer aux calendes grecques la construction de l’infrastructure en courant continu de l’île énergétique Princesse Elisabeth. Cette décision handicape nos objectifs renouvelables, qui restent pourtant le meilleur moyen de s’affranchir du pétrole et gaz tout en préservant le portefeuille de la population.” explique Nadia Cornejo, vice-présidente de la coalition climat.
L’impératif passage à l’action
L’urgence climatique se rappelle à nous quotidiennement et en dépit d’un plan insuffisant, les gouvernements doivent d’ores et déjà s’atteler à développer des actions concrètes au plus vite qui embarquent tout le monde. A titre d’exemple, en Wallonie, il est nécessaire d’établir une obligation de rénovation et d’interdire l’installation de nouvelles chaudières fossiles et d’aider les ménages à y arriver. Pourtant, les trois régions ont réduit fortement les primes à la rénovation, elles sont même carrément mises en pause à Bruxelles, et ce sans compensation. De plus, le fédéral réalise chaque année un inventaire des subsides aux énergies fossiles et continue d’affirmer qu’un plan de sortie est à l’étude mais le PNEC mentionne à peine le sujet, et ne propose aucune action concrète. Les voies d’améliorations sont claires.
“Il est temps de passer des annonces aux résultats.
30.000 personnes ont manifesté dans la rue ce dimanche pour demander une bascule des financements publics vers une action climatique ambitieuse. Nos gouvernements doivent se retrousser les manches et agir avec détermination pour le climat. Les citoyen.nes belges en attendent davantage du politique.” déclare Nadia Cornejo.



